°C-ute Canapé

mardi 16 juillet 2013

"La Reine Margot" d'Alexandre Dumas


J'ai lu ce livre dans le cadre du baby-challenge classique.

Présentation de l'éditeur *
"La Mole chercha autour de lui une arme et n'en trouva point. Il jeta les yeux sur la reine et vit la plus profonde pitié peinte sur son visage. Alors il comprit qu'elle seule pouvait le sauver, se précipita vers elle et l'enveloppa dans ses bras. [...]
Marguerite vit le sang, Marguerite sentit frissonner ce corps enlacé au sien, elle se jeta avec lui dans la ruelle. Il était temps. La Mole, au bout de ses forces, était incapable de faire un mouvement ni pour fuir, ni pour se défendre. Il appuya sa tête livide sur l'épaule de la jeune femme, et ses doigts crispés se cramponnèrent, en la déchirant, à la fine batiste brodée qui couvrait d'un flot de gaze le corps de Marguerite.
- Ah ! madame ! murmura-t-il d'une voix mourante : sauvez-moi !"
Les amours tumultueuses de la reine Margot, épouse royale d'Henri de Navarre, le massacre de la Saint-Barthélémy, la visite macabre des royalistes au cadavre de Coligny, les splendeurs des bals du Louvre, les parties de chasse au bois de Boulogne... c'est toute la Renaissance française, à la fois raffinée et luxurieuse, cultivée et cruelle, cynique et superstitieuse qu'Alexandre Dumas nous dépeint.

* Il s'agit des éditions du Rocher, mais la couverture n'étant pas trouvable sur le net, j'ai mis celle de folio classique à la place ^^ D'ailleurs, je ne vous recommande pas l'édition que j'ai lue ; c'était celle de la bibliothèque, donc je n'ai pas eu le choix, mais elle est pleine de coquilles, parfois très farfelues (comme des lignes inversées).

Mon avis
Cela faisait longtemps que ce roman me faisait de l’œil, et j'ai fini par céder à la tentation. J'attendais beaucoup de ce livre, et à ma grande joie, il n'a pas déçu mes attentes. J'ai tout de suite été happée par l'intrigue et j'ai trouvé la palette de personnages extrêmement intéressante. Seul le personnage de La Mole ne m'a pas trop convaincue. Ou plutôt, soyons juste, car après tout il est ce qu'il doit être (un amoureux transi prêt à mourir pour sa dame), je l'ai trouvé fade et sans grand intérêt. En revanche, j'ai adoré son grand copain Coconnas, qui ne manque pas d'humour, comme vous pouvez le voir :

Marguerite, qui dans tout cela n'avait perdu ni sa liberté de corps, ni sa liberté d'esprit, fit un dernier signe d'intelligence à son mari, puis elle passa si près de La Mole que celui-ci put recueillir ces deux mots grecs qu'elle laissa tomber :
- Mê déidé.
C'est-à-dire :
- Ne crains rien.
- Que t'a-t-elle dit ? demanda Cocoonas.
- Elle m'a dit de ne rien craindre, répondit La Mole.
- Tant pis, murmura le Piémontais, tant pis, cela veut dire qu'il ne fait pas bon ici pour nous. Toutes les fois que ce mot-là m'a été adressé en manière d'encouragement, j'ai reçu à l'instant même soit une balle quelque part, soit un coup d'épée dans le corps, soit un pot de fleurs sur la tête. Ne crains rien, soit en hébreu, soit en grec, soit en latin, soit en français, a toujours signifié pour moi : Gare là-dessous !
- En route, messieurs ! dit le lieutenant des chevau-légers.
- Eh ! sans indiscrétion, monsieur, demanda Coconnas, où nous mène-t-on ?
- A Vincennes, je crois, dit le lieutenant.
- J'aimerais mieux aller ailleurs, dit Coconnas ; mais enfin on ne va pas toujours où on veut.

Ce que j'ai aimé aussi, dans ce roman, c'est la peinture qui nous est offerte de la royauté : une peinture détaillée et extrêmement sombre, où les protagonistes tentent de sauver les apparences, au nom de l'honneur de la famille royale.

- Prenez garde, dit-il, vous avez au bras une tache de sang...
- Ah ! qu'importe, Sire, dit Marguerite, pourvu que j'aie le sourire aux lèvres.

La royauté est vécue comme une souffrance par Charles IX, qui la compare au chemin de croix du Christ. Et pourtant, tous se l'arrachent. Le duc d'Anjou ne rêve que du moment où son frère mourra pour lui laisser le trône, le duc d'Alançon veut une couronne à tout prix - et ce sera celle de Navarre, s'il ne peut avoir celle de France, le roi de Navarre en rêve lui-même avec sa femme Margot. Catherine de Médicis n'est pas la moins acharnée dans cette lutte pour le trône. Elle est le type même de personnage que l'on adore détester. Cruelle, implacable et superstitieuse, elle fait tout pour nuire à Henri de Navarre, qu'elle craint car les horoscopes lui sont très favorables. Elle sent en lui une menace pour le trône des Valois. Et à trop vouloir "le bien" de sa famille, elle finit par devenir la plus dénaturée des mères...
En conclusion, si vous aimez les histoires de complots, de coups bas, de sombres histoires de famille, avec un zeste d'humour (merci Coconnas) et une héroïne endurcie, ce livre est pour vous. Je pense que ce n'est pas grâce à l'histoire d'amour de La Mole et de Margot que ce roman marque les esprits. Je préfère encore le duo Henriette / Coconnas, certes moins romantique, mais plus vivant et plus convaincant.

19/20
A lire absolument !

6 commentaires:

  1. Réponses
    1. Bonne lecture d'avance, dans ce cas ! :D

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  2. Une très bonne découverte pour moi aussi !

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  3. Super roman, pas forcément très fiable, historiquement parlant (pas fiable du tout, d'ailleurs :D ) mais vraiment intéressant à lire ! Un bon classique.

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    1. Ça reste un roman, en même temps, donc je n'attends pas qu'il ait les caractéristiques d'un livre d'Histoire avec un grand H. ^^ Mais en tout cas, il m'a vraiment fait passer un bon moment. :)

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